- Parmi les parutions de cette rentrée littéraire, quelles lectures ou quels auteurs vous ont particulièrement marquée ?
- Et s'il fallait citer un auteur qui vous accompagne depuis vos débuts, lequel choisiriez-vous ?
Ce serait parmi les plus anciens, les classiques : Faulkner, Proust, Dostoïevski… On revient toujours sur les mêmes noms. Mais celle qui m'a beaucoup plus influencée, c'est Joyce Carol Oates, une Américaine. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas reçu le prix Nobel : c'est une géante pour moi !
- Votre manière d'écrire ou votre état d'esprit change-t-il lorsque vous écrivez une pièce de théâtre, comme Ma chérie, plutôt qu'un roman ?
Non, c'est pareil. La forme change, donc je m'adapte bien sûr, mais dans mon cerveau, c'est pareil, et le geste d'écrire reste le même. Ça ne change rien : c'est simplement à la forme que je dois réfléchir pour m'y conformer, mais la démarche reste la même.
- L'Université du Temps Libre invite son public à continuer d'apprendre et à cultiver sa curiosité, quel que soit l'âge. Quel rôle cette curiosité joue-t-elle dans votre vie d'écrivaine ?
Elle est première, elle est fondamentale, au sens propre du terme. C'est la curiosité qui m'a fait lire quand j'étais enfant, adolescente, et c'est encore elle qui m'entraîne vers des sujets qui, a priori, ne m'intéressent pas. Je me dis : « Dépasse cet a priori, ce manque d'intérêt. » Cela me fait aborder des domaines où je ne serais jamais allée si je m'étais pliée à cette absence de curiosité, ou à cette crainte qui dit : « Oh non, non, je ne comprendrai rien. » Comme la physique quantique, l'IA ou des périodes de l'histoire où j'avais peur de m'ennuyer. Mais en fait, si on se lance, on peut tout comprendre. Les mathématiques restent à part, parce que c'est vite complexe et que notre esprit n'est pas toujours fait pour ça. Mais à part les sciences dures, on peut tout comprendre.
Lectures, inspirations, écriture et curiosité : Marie Ndiaye se livre avec simplicité sur ce qui nourrit son travail d’écrivaine. Une rencontre qui rappelle aussi que l’envie de découvrir et d’apprendre peut nous accompagner à tout âge.